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Aéronautique-salon-économie
"Il n'y a pas de pilote dans l'avion", atout et handicap du drone civil
Par Chantal VALERY


MERIGNAC  16 sept 2010 (AFP) - Lutte contre les incendies, détection de pollutions, inspection d'ouvrages d'art: le drone trouve une foultitude d'applications civiles, montrées lors d'un salon à Mérignac, mais l'absence de pilote dans l'avion, à la fois atout et handicap, freine l'adoption d'une réglementation.
Connu pour son utilisation sur les théâtres de guerre en Afghanistan, le drone ou UAV en anglais (pour Unmanned Aerial Vehicule) se décline aussi dans le civil, un marché de niche encore en quête de rentabilité.
"Dans la vie de tous les jours, on peut envisager une foultitude d'applications", explique à l'AFP Jean-Christophe Drai, responsable du département innovation de Bordeaux Technowest, l'organisateur d'un salon consacré aux drones civils, qui s'est tenu mercredi et jeudi à Mérignac.
"On peut aller dans des environnements difficiles d'accès et éviter ainsi de prendre des risques pour la vie des gens", souligne-t-il.
Le drone, avion miniature ou robot type Star Wars, permet de "capter" une information et de la transmettre en temps réel au sol. Il peut intervenir dans le repérage de personnes en difficulté dans des zones reculées, dans des opérations de maintien de l'ordre ou dans la recherche de fuites.
La Lyonnaise des eaux l'utilise pour inspecter ses aqueducs. "C'est très économique", souligne Michel Fargeot, chef de l'agence eau potable de la société à Bordeaux: 10 à 15.000 euros pour scruter 42 km, sans interrompre l'exploitation, contre le double avec un hélicoptère.


En phase d'expérimentation pour les feux de forêt, l'engin, d'un coût variant entre 5.000 et 10.000 euros selon sa taille et les capteurs embarqués, peut même être sacrifié dans les flammes.
Véritable robot doté d'une intelligence à bord, le drone "n'a pas d'état d'âme, il va où on veut, il peut même aller se crasher", souligne Christophe Mazel, président de Fly N'Sense. La PME girondine a conçu des appareils capables d'intervenir sur les incendies pour une "vision instantanée" des fronts de flammes ou dans les nuages de pollution pour une analyse toxicologique.
Dans une catastrophe comme celle d'AZF, le drone, doté d'un "nez olfactif" inventé avec la société toulousaine Alphamos, ferait un diagnostic des gaz toxiques pour décider d'une évacuation des populations.
Sur le camp militaire de Souge, "prêté" pour des démonstrations, le "4x4 des drones", accroché à une voile de parapente, s'élève dans les airs. Au fin fond des volcans ou dans le désert du Niger, il rapportera une cartographie des couches sédimentaires, évaluera l'avancée d'une maladie dans des champs de pommes de terre ou détectera les vestiges d'un site archéologique, rapporte Fabrice Fasquel de la société vauclusienne Vision du ciel.
"C'est une alternative économique aux moyens aériens traditionnels", dit-il mais en France, "nos machines sont clouées au sol faute de loi".
"Le code de la route n'existe pas", confirme Yves Payen, responsable du programme drones France chez Thalès. Quelque 1.200 industriels du drone civil dans le monde attendent une réglementation en Europe pour insérer les drones dans l'espace aérien sur un marché mondial potentiel estimé à 20 milliards d'euros.
"Le besoin est là, les réponses techniques sont là, c'est la mise en oeuvre qui n'est pas possible", sauf autorisations ponctuelles, déplore Jean-Louis Roch, directeur du programme drones Europe chez Thalès.
"Il n'y a pas de pilote dans l'avion, ça bouscule beaucoup de choses", reconnaît Philippe Bataillé de la DSACSO (direction sécurité de l'aviation civile du Sud-Ouest). Mais "quand on aura mis toutes les briques en place, un espace aérien pour les drones, pourquoi pas?".